Vendredi 18 décembre 2009
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Une fois encore, le Bisphénol A (BPA) fait parler de lui. Ce perturbateur endocrinien, accusé de nuire au développement cérébral et à la reproduction, aurait
également un impact nocif sur l’intestin, jusqu’ici considéré comme une simple voie d’entrée dans l’organisme. En effet, ses parois possèdent des récepteurs à oestrogènes et sont donc sensibles
au BPA, capable de mimer l’action des hormones féminines dans l’organisme.
Une équipe de chercheurs de l’Institut National de Recherche Agronomique a effectué des tests sur des rats et des cultures de cellules intestinales humaines. À la lumière des résultats obtenus,
l’exposition au BPA aurait pour conséquence de réduire la perméabilité des parois intestinales, d’augmenter la sensibilité à la douleur viscérale, et d’affecter la réponse immunitaire à
l’inflammation digestive. Les chercheurs de l’INRA supposent que l’exposition pré- et post-natale au BPA pourrait freiner le développement des défenses immunitaires intestinales et altérer leur
efficacité à l’âge adulte.
Ce qui est préoccupant, c’est que ces effets toxiques sont relevés à des doses 10 fois inférieures aux doses journalières acceptables définies par l’Autorité européenne de sécurité des
aliments (EFSA) et l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA). Cette étude ouvre de nouvelles perspectives de recherche sur l’effet des perturbateurs endocriniens d’origine
alimentaire et pourrait conduire à une réévaluation des risques du BPA.
Présent dans de nombreux produits d’utilisation courante comme les récipients en plastique (biberons, boîtes alimentaires) ou les canettes de sodas, le BPA est couramment retrouvé dans
l’organisme d’une large majorité de la population européenne. Une étude récente commandée par l'Environmental Working Group (1) a d’ailleurs révélé la présence de près de 232 produits
chimiques toxiques différents dont le BPA, dans le cordon ombilical d’une dizaine de bébés nés entre 2007 et 2008. Les conclusions de cette étude sont la preuve que chaque enfant a été exposé à
une foule de substances dangereuses alors qu'il était encore dans le ventre de sa mère.
L’état des connaissances actuelles ne permet pas d’évaluer avec précision l’impact de l’exposition aux produits chimiques toxiques dans l'utérus sur la santé. Cependant, les scientifiques
s’accordent à penser que les dangers sont plus grands lorsque l'exposition se produit avant la naissance.
Source : "Guérir.fr"
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